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Le panneau orange ADR expliqué simplement

Code danger en haut, numéro ONU en bas : voici comment lire le panneau orange.

Code danger Numéro ONU
Dans cet article
  1. Comment est fait le panneau
  2. Code danger et numéro ONU
  3. Où placer les panneaux
  4. Quand les panneaux ne sont pas obligatoires
  5. Exemples sur la route
  6. Passer à la pratique

Des poids lourds avec des panneaux orange, vous en croisez tous les jours sur l’autoroute. Pour la plupart des gens, c’est un simple panneau d’avertissement. Si vous savez lire les deux nombres, vous voyez tout de suite quelle matière est chargée et quel danger elle présente. C’est pour cela que le panneau orange figure au programme de la formation de base ADR.

Comment est fait le panneau

Le panneau est orange, rectangulaire et rétroréfléchissant. Il mesure 40 cm de base sur 30 cm de haut, avec un liseré noir de 15 mm (ADR 5.3.2.2.1). Si la place manque sur le véhicule, ses dimensions peuvent descendre jusqu’à 300 mm de base sur 120 mm de haut, avec un liseré de 10 mm.

Sur un panneau numéroté, une ligne noire horizontale sépare les deux nombres. Les chiffres sont noirs, hauts de 100 mm, avec un trait de 15 mm d’épaisseur (ADR 5.3.2.2.2). Le panneau et les numéros doivent résister à 15 minutes d’incendie : le panneau ne doit pas se détacher de sa fixation, et les numéros doivent rester lisibles après l’incendie.

Code danger et numéro ONU

En haut figure le numéro d’identification du danger. En formation, on parle aussi de code danger. En bas figure le numéro ONU.

Le numéro ONU compte quatre chiffres et identifie la matière ou un groupe de matières. C’est sous ce numéro que vous la retrouvez dans le tableau A du chapitre 3.2 de l’ADR. Le 1203, par exemple, correspond à l’ESSENCE.

Le code danger des classes 2 à 9 comporte deux ou trois chiffres (ADR 5.3.2.3.1). Chaque chiffre indique un danger :

ChiffreSignification
2Émanation de gaz résultant de pression ou d’une réaction chimique
3Inflammabilité de matières liquides (vapeurs) et gaz ou matière liquide auto-échauffante
4Inflammabilité de matière solide ou matière solide auto-échauffante
5Comburant (favorise l’incendie)
6Toxicité ou danger d’infection
7Radioactivité
8Corrosivité
9Danger de réaction violente spontanée

Quelques règles à connaître pour l’examen :

  • Chiffre doublé : le danger est accru. 33 désigne une matière liquide très inflammable, dont le point d’éclair est inférieur à 23 °C.
  • Chiffre suivi d’un zéro : quand un seul chiffre suffit à décrire le danger, on le complète par un 0. 80 désigne une matière corrosive ou faiblement corrosive.
  • Lettre X devant le numéro : la matière réagit dangereusement avec l’eau. On ne peut alors utiliser l’eau qu’avec l’agrément d’experts.
  • Combinaisons à part : certains nombres ont une signification propre, par exemple 22 (gaz liquéfié réfrigéré, asphyxiant) ou 90 (matière dangereuse du point de vue de l’environnement, matières dangereuses diverses). La liste complète figure au 5.3.2.3.2 de l’ADR.
  • Classe 1 : ici, pas de code danger en chiffres. On inscrit le code de classification de la colonne (3b) du tableau A, c’est-à-dire le numéro de la division suivi de la lettre du groupe de compatibilité, par exemple 1.1D.

Pour retenir : en haut le danger, en bas la matière.

Où placer les panneaux

Une unité de transport chargée de marchandises dangereuses porte deux panneaux orange, l’un à l’avant, l’autre à l’arrière. Ils sont fixés perpendiculairement à l’axe longitudinal du véhicule et doivent être bien visibles (ADR 5.3.2.1.1). Si une remorque chargée de marchandises dangereuses est dételée en cours de transport, un panneau orange reste fixé à son arrière.

Pour des marchandises en colis, ces deux panneaux restent en général sans numéros. L’ADR exige surtout des numéros pour les citernes et le vrac. Si la colonne (20) du tableau A indique un numéro d’identification du danger, le véhicule-citerne porte en plus des panneaux numérotés sur les côtés de chaque citerne ou compartiment de citerne, parallèlement à l’axe longitudinal du véhicule (ADR 5.3.2.1.2). À l’avant et à l’arrière, des panneaux sans numéros suffisent alors. Pour les matières solides en vrac, les panneaux numérotés se placent sur les côtés du véhicule ou du conteneur (ADR 5.3.2.1.4).

Deux exceptions permettent de se passer des panneaux latéraux et de reporter les numéros sur les panneaux avant et arrière :

  • Une seule matière : si l’unité de transport ne contient qu’une seule matière dangereuse et aucune matière non dangereuse, des panneaux numérotés à l’avant et à l’arrière suffisent (ADR 5.3.2.1.6). Un véhicule-citerne chargé uniquement d’acide sulfurique affiche alors 80 au-dessus de 1830, devant comme derrière.
  • Carburants et fioul : un véhicule-citerne qui ne transporte que des matières des numéros ONU 1202, 1203, 1223 ou 3475, ou du carburant aviation des numéros ONU 1268 ou 1863, peut rouler sans panneaux latéraux si les panneaux avant et arrière portent les bons numéros. Si une matière du numéro ONU 3475 est à bord, ce sont ses numéros. Sinon, ce sont ceux de la matière la plus dangereuse, c’est-à-dire celle dont le point d’éclair est le plus bas (ADR 5.3.2.1.3). Le numéro ONU 3475, un mélange d’éthanol et d’essence, figure dans cette liste depuis l’ADR 2025.

Quand les panneaux ne sont pas obligatoires

Un transport de marchandises dangereuses n’exige pas toujours de panneaux orange :

  • Petites quantités en colis : le 1.1.3.6 de l’ADR plafonne la quantité par unité de transport selon la catégorie de transport indiquée dans la colonne (15) du tableau A. Pour un chargement mixte, chaque quantité est multipliée par un coefficient, puis les résultats sont additionnés : le total ne doit pas dépasser 1 000 (ADR 1.1.3.6.4). D’où le nom de « règle des 1 000 points ». Sous cette limite, le chapitre 5.3 ne s’applique pas et les panneaux ne sont pas exigés (ADR 1.1.3.6.2). Cela vaut uniquement pour les colis, jamais pour les citernes ni pour le vrac.
  • Quantités limitées (LQ) : le chapitre 5.3 ne s’applique pas aux marchandises emballées selon le chapitre 3.4 (ADR 3.4.1). Une unité de transport d’une masse maximale supérieure à 12 tonnes qui transporte plus de 8 tonnes brutes de colis LQ porte à la place la marque LQ à l’avant et à l’arrière, d’au moins 250 × 250 mm (ADR 3.4.13 à 3.4.15).
  • Quantités exceptées (EQ) : seules quelques dispositions de l’ADR s’appliquent aux marchandises transportées selon le chapitre 3.5, et la signalisation du véhicule n’en fait pas partie (ADR 3.5.1.1).

Les marchandises LQ et EQ ne comptent pas dans le calcul du 1.1.3.6 (ADR 1.1.3.6.5).

Exemples sur la route

ESSENCE
matière liquide très inflammable
CARBURANT DIESEL ou GAZOLE ou HUILE DE CHAUFFE LÉGÈRE
matière liquide inflammable
ACIDE SULFURIQUE contenant plus de 51 % d’acide
matière corrosive ou faiblement corrosive
ACIDE SULFURIQUE FUMANT
matière très corrosive et toxique, réagissant dangereusement avec l’eau

Passer à la pratique

Lisez toujours le panneau de haut en bas : d’abord le danger, ensuite la matière. Après quelques questions d’entraînement, ça devient un réflexe.

Dans le test gratuit, chaque réponse est suivie de son explication et de sa référence. Dans l’application, vous pouvez aussi vous entraîner à signaliser un véhicule avec panneaux et plaques-étiquettes.

Sources

ADR 2025, version française, sous-sections 1.1.3.6 et 5.3.2.1 à 5.3.2.3, chapitres 3.4 et 3.5, tableau A du chapitre 3.2. L’article explique les bases. Pour signaliser un transport précis, c’est le texte de l’ADR qui fait foi.

Mise à jour : 1er octobre 2026